Traduction en français de la série d’articles en arabe intitulés (la communauté Soninkée en Mauritanie et sa place historique.   ) à Darb Al Arabi .

ven, 01/06/2017 - 13:46

 

Dans le cadre de nos efforts pour briser les obstacles psychologiques, et combler le vide dressé par le colonisateur français  et ses relais locaux  entre les composantes de notre peuple, nous publions la traduction en français des articles publiés en arabe à Darb- al arabi sur la communauté Soninkée en Mauritanie et sa place historique..  

 

La communauté (Soninkée) en Mauritanie..

 

Dans le cadre de nos efforts pour briser les obstacles psychologiques ,et combler le vide dressé par le colonisateur français et ses relais locaux entre les composantes de notre peuple, nous avons adressé une lettre ( un message) d’amitié et d’amour fraternel, dont on a déjà publié la traduction en français, à toutes ces composantes du peuple Mauritanien, et notamment aux Peulhs ( les Foullanes) sous le titre «  message à un frère peulh » pendant une année ( voir Tome 1 de Darb Al Arabi) dans l’espoir de mettre à nu les mensonges sur le parti Bath, et d’autre part d’épurer le climat national et social des impuretés nuisibles qui l’ont entaché et pollué à cause de la baisse du niveau de la conscience politique de notre élite nationale , toutes ethnies confondues, au début de l’édification de l’état national, après le départ des troupes françaises, et à cause surtout de ce qui est encore plus dangereux, les agents pro-français infiltrés dans les rouages de notre vie politique et parmi l’élite qui a dirigé le pays juste après le départ de ces troupes. Pour continuer donc cet effort national arabe, islamique et humain, nous allons réserver une série d’articles à travers Darb Al Arabi pour donner plus d’informations historiques sur la communauté soninkée en Mauritanie au profit de la communauté arabe de notre peuple, surtout pour les jeunes ainsi que pour les Baathistes. Il s’agit, donc, de la communauté suninkée ( les Surghillatts). Cette ethnie est la plus ancienne dans l’histoire, la culture et la géographie de la MAURITANIE actuelle, en nous basant sur des informations et des connaissances les plus sérieuses notamment éditées par Un des chercheurs issu de cette communauté africaine ; cette ethnie est «  un modèle dans la conservation de sa langue et ses spécificités africaines », malgré les tempêtes de la mondialisation qui a détruit les cultures et les fondements structurels des peuples. Le chercheur soninké , Ali Bakr Sissé, dit dans son livre «  l’histoire de la société soninkée en Mauritanie » ce qui suit : « en principe les descendants doivent s’imprégner du mode de vie commune et prendre en exemple comment nos ancêtres ont coexisté ensemble malgré les différences . il faudrait que les jeunes de cette génération prennent conscience que le tissu du peuple mauritanien depuis très longtemps est un tissu unique en son genre : le sédentaire ouvre son cœur à son hôte avant d’ouvrir sa demeure et sa maison, le faisant passer avant ses intérêts, en le sécurisant au prix de sa vie s’il le faut ; il sécurise les biens de son invité jusqu’ à son départ . tous les êtres humains sont les hôtes d’Allah en définitif ; il revient à nous tous d’être généreux , fideles et sages. De nombreux noms sont attribués à la société  soninkée dont :Serghoullés, Soninkés Marakas ; ces différentes appellations désignent toutes la même souche humaine qui s’est répandue à travers les pays de l’ouest africain . en ce qui concerne l’l’origine de cette communauté, les spécialistes en histoire et de l’évolution des sociétés humaines sont divisés sur ce sujet. Certains disent  que les soninkés remontent au peuple Mandinauko et se croisent avec la société Bambara et Mousci. D’autres sources font remonter l’origine des soninkés au prophète Souleimane que le salut soit sur lui. Selon le chercheur Ali Bakr Sissé, cette société provient de l’Egypte il y’a de cela des centaines d’années et plus exactement de la région d’ Assouan. Ils ont des liens de parenté avec les tribus NOUBA du Soudan actuel. Il attribue les Soninkés aux tribus d’Assouan en se basant sur le terme «  soninki »  où «  ki » signifie «  you » en arabe. Par exemple( Mautitanien) en soninké se prononce ( Mauritanki),et ( Malien) en soninké « correspond au  ( Malinki) ; puis avec le temps il s’est allégé pour passer de «  Assouari » à «  soninki ». d’autres disent que son origine remonte aux Bafour ; ces derniers ont peuplé la Mauritanie actuelle il y’a bien longtemps. Ils étaient de teint noir et leur religion était le judaïsme qu’ils ont ramené en venant d’Andalousie, puis vers l’oued Noune, puis Adrar. Malgré toutes ces contradictions quant à l’origine raciale lointaine de la  société soninkée, il reste  que de nombreux historiens s’accordent pour confirmer qu’ils étaient les rois de l’Empire du Ghana     qui a régné durant six siècles  constituant un phénomène politique et civilisationnel unique en Afrique subsaharienne.  Nous n’avons pas de date exacte de l’arrivée de l’islam dans la société soninkée. Cependant plusieurs études convergent pour dire que les premiers commerçants venus d’Afrique du nord vers le Ghana  étaient à l’origine de la transmission de l’islam. Ces commerçants musulmans ont pu convaincre les habitants du Ghana grâce à leurs comportements, leurs vertus, la bonne parole, leur propreté d’âme, et surtout au contenu du coran. Ils ont pu convaincre cette société qui a accepté cette religion sans aucune contrainte. La société soninkée se caractérise , selon les historiens, par le pardon et l’esprit pacifique. Le professeur Ali Bakr Sissé confirme que l’expansion de l’islam dans la société soninkée a été favorisée par cet esprit  de pardon et l’hospitalité des soninkés au point où certains musulmans ont été placés à des postes  supérieurs dans l’empire du Ghana bien que le roi de cet empire n’était pas encore musulman. on dénombra plus de douze mosquées dans la capitale de l’empire du Ghana ( Combi salah). Le roi du Ghana était très tolérant avec les musulmans laissant dire à certains historiens qu’il a embrassé l’islam en secret. Quoiqu’il en soit, ce que confirme en tout cas l’histoire est que la société soninkée se caractérise par son esprit tolérant et pacifique. Les soninkés ont toujours eu bonnes relations avec leurs voisins et avec les communautés arabes et musulmanes.ils sont célèbres par leur grande qualité humaine, qui a encouragé et favorisé l’expansion de l’islam et de sa langue arabe au sein des soninkés, lesquels sont devenus par la suite musulmans. Quelque soit les divergences des historiens dans les points de vue au sujet de l’expansion de  la langue arabe dans les régions du Sahara et du Sahel ; est- ce le fait de l’arrivée des Beni- hassanes ou avant, une chose est certaine est que la langue arabe et par là la culture arabo-islamique avait une grande influence dans toute cette région bien avant l’arrivée des Beni- hassanes  dans la région. Cette influence a augmenté, certes, par la suite avec l’arrivée de Beni-hassanes pour des raisons politiques et religieuses. Le professeur Ali Bakr Sissé écrira : «  le facteur politique s’explique par le fait que la maîtrise des sciences islamiques et l’appartenance aux arabes sont devenues une des nécessités pour la réussite sociale après la domination des Beni- hassanes. Avec le premier facteur, tu deviens respecté par les tenants du pouvoir. Le deuxième facteur garantit la rupture avec le passé barbaresque  qui a été défait. le facteur religieux est dû aux cercles islamiques qui tendent à glorifier l’arabe et à sacraliser l’appartenance comme si c’était un grand privilège et une vertu ». il y’ a également un autre facteur qui a aidé l’expansion de la langue arabe dans les milieux ethniques non- arabes dans cette région. C’est l’absence des langues concurrentes . la langue arabe a pris sa force dans l’islam qui a gagné les cœurs avant les langues. L’islam a véhiculé les vertus de justice, la fraternité, l’égalité, la tolérance, et de pardon …

C'est-à-dire les enseignements du coran, loin des manipulations politiques et sociales de la religion comme cela c’est fait plus tard dans les régions dominées par le paganisme. Les historiens n’ont parlé que de langues berbères non écrites si ce n’est pas des dessins sculptés sur des roches. Le professeur Ali Bakr Sissé pense que la langue arabe ( Hassania) a joué un rôle unificateur dans une société qui était caractérisée par un grand nombre de dialectes, dont certains  étaient d’origine Amazigh proche du Targui ; d’autres mélangés aux dialectes africains tel que le dialecte Sounanki , d’autres étaient Sanhadji purs…

Selon les historiens, les Soninkés ont joué un grand rôle dans l’expansion de l’islam notamment dans l’ouest du Soudan tel qu’il était connu. Ce rôle s’est élargi avec l’adhésion des notables soninkés qui ont prêché  l’islam et le faire connaître dans les coins les plus reculés. Ces notables étaient très influents et très respectés  par les peuples Zoundjis (negro- africains) voisins et proches du royaume historique du Ghana. Le chercheur Ali Bakr Sissé a fait allusion dans son livre, déjà cité, en disant : «  les gens du Ghana, en majorité soninkée, sont célèbres par leur enthousiasme pour l’islam et par les grands efforts qu’ils ont consenti pour  son expansion . L’islam avait un grand impact dans la vie sociale au point où certaines factions des soninkés étaient spécialisés dans la prêche de l’enseignement de l’islam. Le terme «  soninké » aux amonts du fleuve Gambie était utilisé par les païens Mandika pour dire le prêcheur de l’islam ». les soninkés étaient connus aussi pour leur attachement à la terre et au respect envers ses proches. Ceci explique peut-être leurs activités principales liées à l’agriculture, le pastoralisme et l’élevage des bovins. Cette dernière est propre aux activités royales. Les soninkés se concentrent actuellement en Mauritanie dans la région de Guidimagha ainsi qu’ au sud de la Wilaya de l’Assaba et un peu moins dans le Trarza. Les historiens expliquent cela par les exodes du nord vers le sud  notamment d’Adrar et du Tagant sous la pression des migrations bédouines. Des traces d’Azir demeurent encore au nord du pays ; la langue aziriènne (l’ancienne langue des soninkés) est encore parlée à Adrar mauritanien. Lorsque le colonialisme français a envahi la Mauritanie , il a essayé la méthode douce et amicale avec les habitants arabes et negro- africains ( Zounoudjs) en faisant semblant de  respecter l’islam qui était un facteur unificateur des mauritaniens. Mais les arabes et les negro- africains ne pouvant pas faire confiance au colonisateur, ils le regardaient d’un œil suspicieux  et se méfient de ce nouveau  venu.  Dans ce cadre, les soninkés  rejetaient toutes les propositions des français y compris les fonctions judiciaires. Lorsque ce colonisateur déménagea son centre administratif de la rive gauche du fleuve Sénégal ( coté sénégalais ) à la rive droite ( coté mauritanien), les Oulémas soninkés lancèrent des prêches pour un exode et pour quitter leurs terres dans la ville Sélibabi et ses environs où vivaient leurs frères. Il y avait à cette époque le  grand Cheikh  Abdallah Mohamed Soukhna, d’après le récit de Ali Bakr Sissé, lequel était à la tête des plus éminents  Oulémas qui ont légitimé cette décision religieuse en référence à la parole d’Allah  le plus grand : «  la terre d’Allah n’était- elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer sur elle) . l’exode du pays d’origine avec tout ce que cela entraine comme tristesse et problèmes économiques  est plus agréable à ces negro- africains nationalistes musulmans que de vivre avec des mécréants  qui envahissent les terres. Le professeur Ali Bakr Sissé confirme que les historiens ont reconnu qu’au début du vingtième siècle, les villages soninkés étaient pleins d’écoles coraniques et que l’arabe était langue écrite dominante . cet état de fait attira la haine des français contre les négro-africains ; le colonisateur français a traduit cette haine par une «  campagne violente contre la langue du coran et contre l’alphabet arabe pour les remplacer par la langue et l’alphabet français. Il vise par cette répression à créer un fossé culturel entre les générations et leur patrimoine arabe ». le professeur Ali Bakr Sissé rapporte à ce propos : «  que les colonialistes français ont mené des campagnes de répression contre les écoles coraniques et leurs Choyoukhs y compris les écoles soninkées , selon certains récits plus de quarante écoles coraniques ont été brûlées au sud de la Mauritanie ; ainsi que les bibliothèques. Les Choyoukhs ont été , quant à eux, menés en prison et assassinés par la suite. On en cite le Cheikh Bakr Souli Sissé qui mourut assassiné à la prison de la ville de N’dar au Sénégal, en 1903.  On a vu, donc, l’évolution de la société Soninkée en Mauritanie et comment elle s’est engagée dans toutes les interactions historiques culturelle, civilisationnelle, linguistique et folklorique avec le reste des composantes du pays, la Mauritanie, dans son développement et son existence, notamment avec la composante arabe et sa langue. La langue soninkée s’est enrichie des termes et des styles de la langue arabe grâce à l’islam et sa profonde pénétration dans la société soninkée qui glorifie l’islam .  les soninkés sont attachés à cette religion qu’ils portent dans leurs âmes comme ils portent un grand respect pour les arabes et réciproquement. On a vu également comment les soninkés ont rejeté la langue du colonisateur et toute  sa politique… ils ont refusé d’être incorporés dans les rangs de l’armée française coloniale  sauf quelques exceptions liés à la mobilisation obligatoire ». lorsque la Mauritanie est entrée dans l’ère des partis politiques ; la majorité de la société soninkée s’est rangée du coté du parti Al WIVAQ fondé par le militant nationaliste, Ahmedou ould Horma Ould Bebana. Le chercheur Ali Bakr Sissé  écrira : «  on peut remarquer la présence de la société soninkée dans le paysage politique et dans la lutte pour édifier l’état national. Cependant en 1947, le pays a connu des transformations différentes aux époques précédentes par la naissance du premier parti politique( le parti de l’Union Progressiste Mauritanien) sous la direction de Sidi El Moktar N’Jay. Trois années après, Ould Horma a décidé  en accord avec ses camarades de créer  un cadre politique pour les rassembler, en fondant le parti AL WIFAQ, déjà précité. Le professeur Ali Bakr Sissé dira qu’un grand nombre de l’élite soninkée adhérent à ce parti ainsi que  quelques groupes de souche blanche, à l’exemple de Cheikh Mohamed Radhi et l’Emir Ould Oumeir . l’historien, Ali Bakr Sissé, explique cet engouement de ces élites  au sein de AL WIFAQ par «  le parti est le plus proche et plus représentatif de l’esprit de libération et de la spécificité culturelle nationale grâce aux prises de positions de son fondateur dans le monde … en plus de ses positions arabo-islamiques claires et de son appui aux causes justes de lutte de libération dans le monde arabo-islamique. Parmi ces positions celle relative au refus de reconnaître l’entité sioniste  dans le parlement français ». ceci confirme l’historicité de l’interaction positive entre les africains noirs mauritaniens et les arabes notamment lorsqu’il s’agit de questions d’identité , de l’arabité et de l’islam qui excitent ensemble les gardiens de la culture coloniale française. Ces vassaux de la France allument et attisent depuis lors des conflits et des Fitnas ethniques infondés entre les arabes et leurs frères négro-africains mauritaniens.

Après cette série d’articles , nous souhaitons avoir fait connaître à ceux qui n’ont pas une connaissance  objective sur la communauté soninkée en Mauritanie  que cette communauté est l’une des plus ancestrales composantes qui se sont succédées dans cet espace géographique que l’on appelle aujourd’hui : la Mauritanie. Bien plus, le peuple soninké a laissé la plus grande empreinte  dans tous les domaines ( peuplement, histoire, culture, …) sur cette région en édifiant un royaume inégalé et aux racines allant très loin dans l’histoire, le royaume du Ghana. ce peuple soninké a perpétué son efficacité historique, culturelle et civilisationnelle dans le cadre de l’évolution sociale, politique et économique de l’ensemble de la Mauritanie ; ils ont donné à la langue arabe tout le respect et la protection qu’elle mérite en lui donnant une image sacrée. Ils ont toujours agi positivement avec les autres composantes du peuple mauritanien dans toutes les questions nationales. Les soninkés ont contribué excellemment avec sincérité à répandre la culture musulmane et arabe à travers leurs écoles et mahadras  très nombreuses au Gorgol et à Guidimagha jusqu’aux frontières du Mali. Le chercheur Ali Bakr Sissé écrit : «  il me semble que les cultures et les littératures des composantes sociales en Mauritanie  se caractérisent par un enchevêtrement et une interaction infinis prouvant par là que les différences ethniques ne sont pas antagonistes mais au contraire ce sont des richesses complémentaires ». quant à nous au parti Baath, nous disons Oh combien les mauritaniens ont incessamment  besoin  de faire ressurgir ces époques florissantes du passé avec tous les sens religieux, civilisationnels, culturels  et humains ; et à quel point il nous est nécessaire de relancer les vertus du respect, de fraternité, et surtout de diversité dans l’UNION identitaire sur la base du droit  à la différence spécifique fondée sur la religion unique, l’histoire commune, la géographie qui nous unit, les ethnies qui s’entremêlent et se mélangent , les cœurs ouverts pleins de pardon, et de destin commun  avec ce qu’il signifie enfin d’assommer et d’adresser une gifle historique culturelle et civilisationnelle au colonisateurs occidentaux hideux tel qu’ils l’ont fait nos aïeux..                                            

Le Parti Baath Arabe Socialiste, En Mauritanie                      Unité – Liberté – Socialisme

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