Organisation d’un atelier d’élaboration de la stratégie de plaidoyer pour la ratification du traité de Marrakech pour l’accès des personnes handicapées visuelles aux ouvrages

dim, 04/19/2026 - 13:58

Un atelier d’élaboration de la stratégie de plaidoyer pour la ratification du traité de Marrakech pour l’accès des personnes handicapées visuelles aux ouvrages publiés et le protocole africain pour les droits des personnes handicapées s'est ouvert le vendredi 17 avril 2026, dans la salle de formation de la direction des personnes handicapées relevant de la moughataa d'Arafat, dans la wilaya de de Nouakchott Sud.

Cet atelier de deux jours, organisé en partenariat et avec le soutien de l'Union Africaine des Aveugles (ANAM) et l'Association Norvégienne des Aveugles et des Malvoyants a débuté par un discours de bienvenue prononcé par le président de l'ANAM, M. Mohamed Salem Ould Bouh, qui a présenté le thème de l’activité et l’agenda des travaux, encourageant les participants à enrichir les échanges et à tirer profit des exposés présentés par les experts afin d’arriver à résultats satisfaisants.

Prenant à son tour la parole, le président de la Fédération mauritanienne des associations nationales de personnes handicapées M. Lehbouss El Id, a salué l'importance de l'atelier, invitant les participants à interagir de manière constructive avec les experts afin d'atteindre les objectifs fixés. Il a également remercié les autorités pour leur soutien à la Fédération en général et à l'ANAM en particulier, dans la poursuite de leurs nobles objectifs.

La députée Fatimetou Mint Abdallahi El Hacen, , représentante des personnes handicapées au Parlement et présidente de la Commission parlementaire pour la défense des personnes handicapées, a exprimé quant à elle, son soutien et son engagement à travailler avec la Commission parlementaire pour assurer la ratification de ce traité.

L'atelier s'est distingué par la large participation de représentants des Départements officiels concernés, tels que le ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement et le ministère de l'Éducation et de la Réforme du système éducatif, ainsi que de délégués de l'Institut Pédagogique National, du Centre et le Commissariat aux droits de l'homme.

Des organisations de la société civile ont également participé à l'atelier, notamment la Coalition des organisations de l'éducation, l'Union des femmes handicapées et de nombreux membres de l'Association nationale des aveugles de Mauritanie.

Durant les deux jours de l'atelier, les participants ont travaillé, après avoir reçu des informations complètes sur le Traité de Marrakech relatif à l'accès aux livres et aux œuvres publiées pour les personnes aveugles et sur le Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées, à l'élaboration d'une stratégie de plaidoyer en faveur de sa ratification.

Les participants ont également assisté à des présentations sur le Traité de Marrakech et le Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées, suivies d'une séance de questions-réponses animée par des experts.

Les discussions ont porté sur les dimensions humaines et relatives aux droits, en particulier sur :

« Le droit de lire » : Le Traité de Marrakech vise à remédier à la pénurie de livres à laquelle sont confrontées les personnes aveugles (moins de 10 % des livres leur sont accessibles).

Éducation et emploi : Permettre aux personnes aveugles d'accéder aux programmes scolaires et aux ouvrages professionnels.

Modernité et développement : Le Traité établit des exceptions standard au droit d'auteur sans porter atteinte aux auteurs originaux. Échanges internationaux : Exploiter les vastes bibliothèques numériques de livres en braille et de livres audio.

Les participants ont plaidé pour la tenue d'ateliers supplémentaires réunissant des experts juridiques et des organisations pour personnes aveugles afin d'expliquer les dispositions du traité et leur mise en œuvre locale. Ils ont également insisté sur la nécessité de lancer des campagnes de soutien parlementaire, notamment des rencontres directes avec les parlementaires (Commission de la culture et des droits de l'homme), afin d'obtenir leur appui en faveur de la ratification.

Les participants ont par ailleurs souligné l'importance de mener des campagnes de sensibilisation dans les médias, en utilisant la presse écrite et les réseaux sociaux pour mettre en lumière des témoignages de personnes malvoyantes confrontées à des difficultés d'accès à l'information. Ils ont également insisté sur l'importance de produire des guides explicatifs, tels que des documents simplifiés, pour expliquer le Traité de Marrakech et corriger les idées fausses à son sujet.

Il convient de noter que le Traité de Marrakech (2013) est un instrument juridique international essentiel pour promouvoir l'accès aux œuvres publiées pour les personnes aveugles et malvoyantes, tandis que le Protocole africain vise à protéger de manière exhaustive les droits des personnes handicapées. Le traité prévoit des exceptions au droit d'auteur afin de rendre les livres disponibles dans des formats accessibles, et le Protocole africain garantit l'inclusion sociale et la dignité dans le contexte africain. Si l'importance du Traité de Marrakech réside dans sa capacité à remédier à la pénurie de livres dont souffrent les personnes malvoyantes en leur donnant accès à l'information et au savoir dans plus de 124 pays, le Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées complète cette convention internationale. Il vise notamment à promouvoir les droits humains et les libertés fondamentales des personnes handicapées (physiques, mentales, intellectuelles et sensorielles) sur un pied d'égalité.

L'intérêt commun de ces deux traités réside dans le passage d'une approche axée sur la prise en charge à une approche axée sur les droits, garantissant ainsi l'autonomie des personnes handicapées et leur plein accès à l'information et à la vie publique.

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