Mauritanie : L’agriculture comme pilier stratégique de souveraineté nationale.

mer, 04/29/2026 - 20:21

La réconciliation avec notre terre mère est même plus urgente que la réconciliation entre les hommes car notre vie dépend de notre terre. Aucune vie ne survit sur une terre morte ! 

Il s'agit là d'un appel  à l'acte de réconciliation le plus urgent aussi réel que symbolique, aussi essentiel en substance pratique que profondément religieux.

À l’heure où les équilibres mondiaux sont bouleversés par les crises alimentaires, climatiques et géopolitiques, la Mauritanie se trouve à un tournant décisif. Continuer à dépendre massivement des importations alimentaires n’est plus seulement une faiblesse économique  c’est un risque stratégique majeur.
Face à cette réalité, une décision politique forte s’impose : ériger l’agriculture au rang de priorité nationale absolue. 

La Mauritanie dispose de ressources agricoles considérables : des terres exploitables dans la vallée du fleuve Sénégal, un potentiel d’irrigation encore sous-développé, et une jeunesse en quête d’opportunités. Pourtant, ces atouts restent insuffisamment mobilisés.  Ce décalage entre potentiel et réalité appelle une réponse structurée, ambitieuse et mesurable.

Il ne s’agit plus de soutenir marginalement le secteur, mais de le transformer en moteur de croissance. 

Cela exige des réformes concrètes : mise en place de mécanismes de financement accessibles aux agriculteurs, structuration de filières agricoles compétitives, modernisation des techniques de production, et accompagnement technique permanent. 

L’expérience internationale est sans équivoque. Le Maroc, à travers le Plan Maroc Vert puis Génération Green, a démontré qu’une stratégie agricole cohérente, soutenue par l’État, peut générer croissance, emploi et sécurité alimentaire. Ce succès repose sur trois piliers essentiels : investissement massif, professionnalisation des acteurs, et développement d’infrastructures adaptées. 

La Mauritanie doit s’inscrire dans cette dynamique en développant en priorité :

des systèmes d’irrigation performants pour sécuriser la production,
des routes rurales pour désenclaver les zones agricoles,
des infrastructures de stockage et de transformation pour réduire les pertes et créer de la valeur ajoutée locale,
et des centres de formation agricole pour professionnaliser les producteurs.
Mais au-delà des chiffres et des politiques, il y a une réalité humaine. 

Derrière chaque agriculteur, il y a une famille, une communauté, un territoire qui lutte pour survivre. Faire de l’agriculture une priorité, c’est redonner dignité et espoir à des milliers de Mauritaniens, notamment les jeunes, souvent contraints de quitter leurs terres faute de perspectives.
Le coût de l’inaction est élevé : dépendance accrue, insécurité alimentaire, chômage rural et fragilité sociale. À l’inverse, une politique agricole ambitieuse est un levier puissant de stabilité, de souveraineté et de développement inclusif.
L’État a aujourd’hui l’opportunité historique de poser les bases d’une véritable révolution agricole.

 Cela nécessite du courage politique, une vision à long terme et une mobilisation nationale.
La Mauritanie ne manque ni de terres, ni de ressources, ni d’hommes et de femmes capables de produire. 
Ce qui manque, c’est une décision claire et assumée.
Faire de l’agriculture une priorité nationale n’est pas une option. 
C’est une nécessité.
Et cette nécessité est urgente.
L’avenir du pays se cultive dès maintenant ! 

Abdoulaziz DEME 
Observateur de la vie politique et économique en Mauritanie.
Le 29 Avril 2026

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