Rupture du jeun présidentielle : Une partialité préoccupante.

dim, 05/19/2019 - 16:19

Au terme de la  clôture des dossiers de candidature du scrutin prochain et  au rythme des  préparatifs des campagnes des candidats, dans une atmosphère où tout le monde  perçoit  l’avènement  d’ un tournant significatif  de l'histoire de notre pays,  après une décennie de rivalités politiques aiguës, il est  souhaitable d’éviter  des actes  qui peuvent constituer des  écueils à l’exercice de la démocratie et  qui perturbent  le processus et  qui tuent  toute tentative d’ouverture   entre les différents acteurs de la scène politique nationale.

L'invitation à l’Iftar  offerte  récemment par la Présidence de la République en l’honneur des élus du parti UPR (Union pour la République) et en présence de ses dirigeants  est une illustration notoire de ce genre d’écarts .. En effet  les repas servis lors de  cette invitation de rupture de carême  n’ont pas été  financés  ni sur des fonds privés  ni par une entité  politique mais bel et bien  par  la plus haute institution publique du pays dépositaire  des intérêts du peuple tout entier et   qui a puisé sur des biens du peuple mauritanien et des richesses de la République islamique de Mauritanie, qui ne sont point l’apanage de forces ou d’entités  politiques déterminées. Il y’a lieu de mettre fin à ce genre d’agissements.  Si les organisateurs de ce festin  avaient des motivations naturelles et transparentes, ce diner devait  avoir lieu  dans un lieu non publique et  devait être financé  sur des fonds privés. De surcroit  la présence du président de la République et son discours adressé aux élus incitant et exhortant les invités à  soutenir un  candidat donné lors du scrutin prochain  relèvent d’une  dérive  juridique  et d’une infraction contre les  règles et procédures. Il ne sied point au Chef de l’Etat de s’immiscer  d’une si   flagrante   manière  dans la campagne électorale et  d’user de  son pouvoir pour soutenir tel ou tel candidat ; Les instructions données à travers une institution publique par le président de la République avec à l’appui une utilisation des biens publics en faveur d’un candidat précis est une atteinte aux droits d'autrui et un message peu réconfortant  aux  autres intervenants de la scène politique. Cela signifie également e que les moyens  de l’Etat  peuvent être utilises au service d’un candidat donné  contredisant ainsi  les impératifs  du moment. Cette propension à  l’impartialité  est un message clair  et malheureusement peu rassurant  car il laisse entendre  que les joutes électorales  opposeront   des candidats  d’une part,t  au dispositif de l’Etat  et son candidat d'autre part. Cet état de fait est de nature à  impacter la scène politique nationale et  à nous replonger dans le  cercle vicieux  des crises politiques  asphyxiantes que tous nous  avions à cœur de surmonter et dépasser en  ces moments cruciaux de l'histoire du pays.
Et si l'information de visites programmées du chef de l'état  dans  certaines régions de l'intérieur du pays s'inscrivant  dans le cadre de cette campagne du candidat Mohamed Ould Ghazouany  se confirmait , cela constituerait  une source d’inquiétude car  il est illusoire de s’attendre à toute forme d’impartialité  lorsque le chef de la pyramide de l’Etat  supervise en personne et de façon explicite et directe cette campagne; Il faut en effet s’attendre à ce que les différents pans de l’administration le suivent  au pas.
Il est indéniable que les voies et moyens les plus indiqués et les plus surs aux yeux de tous  pour  assurer la traversée vers  un processus  garantissant  le consensus  et  l’assentiment de tout un chacun  se  trouvent dans  l’engagement  des pouvoirs publics à se tenir à distance égale de tous les  acteurs politiques  et  à  respecter les exigences de la période en particulier consolider le processus démocratique  au-delà de  2019
Ahmed Abou El Maali
Écrivain journaliste

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