Le roi des fake news utilisées pour faire élire Trump retrouvé mort à 38 ans

jeu, 09/28/2017 - 09:18

Paul Horner s'était dit désolé d'avoir contribué à la victoire de Donald Trump. Ses actualités bidon avaient largement circulé pendant la campagne.

"Mort suspecte !" "L'homme qui en savait trop !" Ce spécialiste de l'information bidon, roi des fake news, en aurait certainement lui-même tiré de gros titres complotistes à souhait... Paul Horner, 38 ans, vient d'être retrouvé mort chez lui, dans l'Arizona.

En novembre 2016, juste après l'élection de Donald Trump, il s'était dit désolé, parce qu'il pensait avoir contribué à l'élection du milliardaire par ses articles pris au sérieux par des milliers de gens.

 

"Les gens sont bêtes"

Il déclarait alors au "Washington Post" :

"Honnêtement, les gens sont vraiment plus bêtes. [...] Personne ne vérifie plus rien – c’est comme cela que Trump a été élu. Il disait ce qu’il voulait, et les gens le croyaient, et quand les choses qu’ils disaient se révélaient fausses, les gens s’en foutaient car ils l’avaient déjà accepté. C’est vraiment effrayant. Je n’ai jamais rien vu de pareil. [...]

Mes sites étaient tout le temps cités par les sympathisants de Trump. Je crois que Trump est à la Maison-Blanche à cause de moi. Ses sympathisants ne vérifient plus rien – ils publient tout, croient tout."

Un porte-parole du bureau du shérif du comté de Maricopa (Arizona) a annoncé mercredi 27 septembre que les autorités ont découvert le 18 septembre Paul Horner mort dans son lit. Le médecin légiste a réalisé une autopsie qui n'a révélé aucun signe de jeu sexuel.

"Overdose accidentelle"

Le porte-parole a indiqué que Paul Horner avait un passé d'abus de médicaments sur ordonnance, et que "les preuves sur la scène suggéraient que ça pouvait être une overdose accidentelle". Des analyses toxicologiques sont cependant encore en cours.

"Hoax" : l’instit qui apprend à ses élèves à devenir des détectives du WebEn décembre, Paul Horner avait été interviewé par CNN. Il avait alors assuré qu'il écrivait ses pseudo-actualités – "de la satire politique" selon lui – "pour éduquer les gens".

Paul Horner possédait plusieurs sites web de fausses actualités – qu'il prétendait être des satires –, comme ABCNews.com, reprenant les codes graphiques du site de la chaîne TV.

Nombre de ses news bidon ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux, qu'il s'agisse d'articles sur des thèmes politiques, ou de société (il a par exemple fait croire plusieurs fois que la véritable identité de Banksy avait été découverte et qu'il s'agit d'un certain... Paul Horner).

Donald Trump, jusqu’au bout président des fake newsIl a par exemple publié un article prétendant que Barack Obama était gay et musulman radicalisé, ou un autre racontant que les manifestants anti-Trump étaient payés.

Ce dernier article, où un "témoin" (du nom de Paul Horner...) raconte "j'ai reçu 3.500 dollars pour manifester", a été rediffusé sur Twitter notamment par Corey Lewandowski, ex-directeur de campagne de Trump, et par Eric Trump, un des fils du candidat.

18.000 dollars par mois

Véritable usine à désinformation à lui seul (là où d'autres ont monté des entreprises, comme en Macédoine), Paul Horner avait monté un business fort profitable : il déclarait gagner 5.000 à 10.000 dollars par mois grâce à ses sites, et jusqu'à 18.000 dollars au plus fort de la campagne présidentielle de 2016.

Son frère J.J. Horner a écrit sur Facebook que Paul est mort dans son sommeil dans la maison de leur mère. Il décrit son frère comme "un sorcier de l'Internet, un humanitaire, un militant, un philosophe, un comédien".

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